• les contes de l'amour et la folie

    Pour le jeudi en poésie des croqueurs de mots   la communauté de Pascale, j'ai proposé le thème : légendes sur terre.

     

    Je vous propose deux extraits d'un texte, une sorte d'écrit onirique sur le thème de l'amour et la folie, commencé il y a longtemps, et que je poursuivrai sans doute ...

     

    (le début ici LINK )

     

    La folie et le cavalier mirent pied à terre, et au côtés de leur coursier, vinrent se désaltérer dans l’eau limpide de la source. Elle coula sur leurs doigts en ondes cristallines, les lavant des derniers souvenirs de ce qui avait été leur passé. Leurs âmes ainsi purifiées, ils se regardèrent comme s’ils ne s’étaient jamais vus, alors qu’au fond de leurs cœurs ils savaient s’être toujours connus. Leurs baisers eurent un goût de renouveau, leurs corps se savaient l’un à l’autre, de toute éternité. Sans passé, sans avenir, rien que le présent, immuable, et délivré des entraves du souvenir, leur étreinte fut celle du  premier jour du monde, et leur repos celui de l’innocence.

    La folie s’éveilla d’un sommeil sans rêves, sans rêves ? Il lui semblait avoir vécu tout autre chose dans ce rêve, quelque chose qui lui échappait sans cesse, et dont elle aurait dû se souvenir. Près d’elle, le cavalier dans la splendeur de sa nudité, gardait les yeux clos, tout entier à ses songes. En souriant, elle laissa glisser le bout de ses doigts le long de l’épaule puissante et satinée, blanche comme le lait sous la lune de métal.

    Un bruit lui fit lever la tête. Le destrier, débarrassé de ses liens, et de son harnachement, courait librement le long de l’eau, soulevant sous ses sabots une écume légère.

    La folie se leva en silence, et s’approcha de la sinuosité de la mer, posant une main fine sur l’encolure de la bête. Elle resta ainsi un long moment, les orteils plongés dans le sable, les chevilles caressées par le flot transparent, regardant l’horizon vide et paisible.

    Une bribe de vision traversa son esprit, fugitive et sans réelle consistance, un visage qu’elle crut reconnaître. Comment l’aurait-elle pu ? Il n’y avait qu’eux deux,  le coursier et la plage. Elle secoua la tête, troublée un instant, puis le visage s’évanouit, et calme à nouveau, elle retourna auprès de son compagnon.

     

    Hauteclaire

     

     

    dicksee1.jpg

     

     

    Tableau de sir F. Dicksee

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 7 Avril 2011 à 21:05
    Mireille

    J'aime déciément beaucoup ! Merci pour ce partage.

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